Programmes annexes

Cette année seule l’association CC est en mesure de proposer un programme annexe dans le cadre même des ROO-Mercier. Il ne s’agira, une fois n’est pas coutume, pas de marches, mais surtout de cercles de parole.

L’association Reconstruire Ensemble – Suisse doit en effet quant à elle malheureusement renoncer à toute participation active au sein des ROO-Mercier, en raison de la présence d’intervenants ressortissant d’un Etat toujours en guerre contre le Liban. Et cela même si la « catastrophe » qui a frappé la Palestine, à l’origine des conflits qui ont déstabilisé le Liban, continuera à peser sur l’avenir de ce petit pays, tant qu’il n’y sera pas remédié et si les débats prévus au Château Mercier visent précisément à contribuer, très modestement, au développement du dialogue israélo-palestinien…

Nous ne savons cependant pas ou plus, en Suisse, ce qu’implique l’état de guerre et nous nous gardons bien de porter le moindre jugement sur cet état de fait. Puisse donc juste l’espace de dialogue qu’offre le Château Mercier permettre de s’acheminer indirectement, un tout petit peu plus avant vers le « bout de la violence », en souvenir de Samir Frangié.

Mais RE-CH ne restera pas totalement inactive pour autant. Il importe parfois de sortir du cercle et prendre un peu de hauteur pour faire avancer le « spielblick ». Telle est donc sa démarche, en co-organisant un débat entre deux intervenants des ROO-Mercier, Mireille Delmas-Marty et Charles Kleiber le lundi 29 mai à 12h30 à l’Université de Genève, en préambule aux ROO-Mercier.

Car le sort du Liban et du Proche-Orient, pris dans l’étau des rapports de force géo-politiques des puissances régionales et internationales, dépend aussi de la nature des règles du jeu de ces rapports de force. Or les règles actuelles produisent des effets de plus en plus catastrophiques, inacceptables et inacceptés… Mireille Delmas-Marty et Charles Kleiber éclaireront donc comment ces règles, déterminées par les logiques de la raison d’Etat et du marché, qui bafouent l’humanité, sinon l’existence même des êtres humains, peuvent être dépassées – et ont déjà commencé à l’être – par un droit tissant un réseau de processus interactifs et évolutifs à partir des êtres humains, appelés à devenir des citoyens du monde à part entière.

Un débat visant à donner une boussole traçant une voie vers un horizon d’humanité à travers l’océan démonté par une mondialisation sauvage, déshumanisante, de l’économie; vers un horizon multi-colore et multi-sonore jaillissant, tel l’arc-en-ciel, de l’harmonisation de la diversité des voix singulières, individuelles et collectives; vers l’horizon d’une citoyenneté mondiale oeuvrant à la construction d’une Cité cosmopolite ou d’un archipel de cités, ouvertes à tous, inspirée par ces « voyageurs au bout de la violence », que sont un Samir Frangié et son équipe de l’Appel de Beyrouth, penseurs issus du Croissant Fertile, berceau de la civilisation humaine, où les rescapés de la Shoa sont finalement venus se réfugier et un Patrick Chamoiseau, héritier spirituel d’un Edouard Glissant, penseurs de la renaissance d’une humanité rescapée des abîmes de l’esclavage massif qui a peuplé les Amériques.

Des penseurs, porteurs d’espoir, capables d’éclairer les passages les plus sombres de l’histoire humaine… Des éclaireurs et des visionnaires, guidant nos pas vers une « Poétique des relations humaines », source de joie, de bonheur et même de richesses – immatérielles – inexploitées, permettant de combler les besoins essentiels de l’humanité… Le chemin jusqu’à cette source est certes encore long et semé d’embûches, mais sa lumière rayonne déjà, grâce au regard de ces visionnaires…